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Abattement pour un neveu en succession : montant et calcul 2026

Par Édouard Lambert16 septembre 20266 min de lecture

Notaire expliquant un document successoral à une famille

Abattement pour un neveu en succession : montant et calcul 2026

Par Édouard Lambert · Publié le 16 septembre 2026

Un neveu ou une nièce bénéficie d’un abattement de 7 967 € sur sa part de succession avant calcul des droits, selon le barème fiscal en vigueur en 2026. Au-delà de ce seuil, la part taxable est imposée à 55 %, ce qui place les neveux et nièces parmi les héritiers les plus fortement taxés.

Beaucoup de familles découvrent au moment du règlement de la succession que le lien neveu ou nièce est bien moins favorisé que celui d’enfant ou de frère. Cet article explique le montant exact de l’abattement, la méthode de calcul pas à pas, les cas d’exonération et les stratégies pour transmettre davantage de son vivant.

Pourquoi les neveux et nièces paient-ils plus de droits de succession ?

L’erreur fréquente consiste à croire que « la famille, c’est la famille » et que la fiscalité successorale traite tout le monde de la même façon. En réalité, le code général des impôts distingue les héritiers selon leur degré de parenté avec le défunt, et cette distance se traduit directement dans le calcul des droits.

Un enfant est héritier en ligne directe au 1er degré. Un neveu ou une nièce est un héritier en ligne collatérale au 3e degré. Plus le lien est éloigné, plus l’abattement est faible et plus le taux d’imposition grimpe.

Les neveux et nièces n’héritent d’ailleurs pas automatiquement. En présence d’enfants ou de parents du défunt, ils sont en principe écartés de la succession légale. Ils n’entrent en jeu que si le défunt n’a pas d’héritiers plus proches, ou s’il les a désignés dans un testament.

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Quel est le montant exact de l’abattement pour un neveu ?

L’abattement applicable à un neveu ou une nièce est fixé à 7 967 € par bénéficiaire sur la part nette reçue, conformément aux règles officielles de calcul des droits de succession publiées et vérifiées par Service-Public en février 2026. Cet abattement s’applique une seule fois, quelle que soit la valeur du patrimoine transmis.

Si le neveu reçoit un bien ou une somme de 50 000 €, seuls 42 033 € (soit 50 000 € moins 7 967 €) seront soumis aux droits. La différence avec l’abattement d’un enfant : fixé à 100 000 € : est considérable.

Quel barème s’applique après l’abattement ?

Une fois l’abattement déduit, la part taxable est soumise à un taux fixe de 55 % pour les héritiers en ligne collatérale au 3e degré, catégorie dans laquelle entrent les neveux et nièces. Il n’y a pas de progressivité par tranches : ce taux s’applique uniformément sur toute la part nette imposable.

À titre de comparaison, un frère ou une sœur est taxé à 35 % jusqu’à 24 430 € de part nette, puis à 45 % au-delà, avec un abattement de 15 932 €. La situation d’un neveu reste fiscalement moins avantageuse que celle d’un frère ou d’une sœur.

Lien avec le défuntAbattementTaux applicable
Conjoint / partenaire PACSExonération totale0 %
Enfant100 000 €5 % à 45 % (barème progressif)
Frère ou sœur15 932 €35 % puis 45 %
Neveu ou nièce7 967 €55 %
Sans lien de parenté1 594 €60 %
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Comment calculer les droits de succession d’un neveu pas à pas ?

Le calcul suit une logique précise. Je vous détaille la méthode étape par étape pour éviter les erreurs les plus courantes.

  1. Évaluez la valeur nette du patrimoine du défunt : actif brut moins les dettes, les frais funéraires et les frais de notaire déductibles.
  2. Déterminez la part revenant au neveu ou à la nièce selon la loi ou le testament.
  3. Déduisez l’abattement de 7 967 € pour obtenir la part nette taxable.
  4. Appliquez le taux de 55 % sur cette part nette taxable.
  5. Déposez la déclaration de succession et réglez les droits dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le défunt résidait hors de France).

Je vous conseille de faire appel à un notaire dès le départ : une erreur d’évaluation ou de qualification des biens coûte souvent bien plus cher que les honoraires.

Personne calculant des droits de succession sur une feuille de papier

Existe-t-il des cas d’exonération pour un neveu ?

La loi prévoit quelques situations où un neveu ou une nièce bénéficie d’un régime plus favorable. La plus connue est la représentation par souche : si le père ou la mère du neveu est décédé avant le défunt, le neveu le représente dans la succession et bénéficie alors de l’abattement applicable aux frères et sœurs : soit 15 932 € au lieu de 7 967 €.

Une personne porteuse d’un handicap reconnu bénéficie par ailleurs d’un abattement supplémentaire de 159 325 €, qui s’additionne à l’abattement de droit commun. Cette règle s’applique quel que soit le lien de parenté, neveux et nièces inclus.

Comment réduire les droits de succession pour ses neveux et nièces ?

La question que me posent le plus souvent les propriétaires soucieux de transmettre leur patrimoine est celle-ci : peut-on agir de son vivant pour alléger la facture ? La réponse est oui, à condition d’anticiper suffisamment tôt.

La donation directe reste la solution la plus accessible. Le même abattement de 7 967 € s’applique aux donations comme aux successions, mais il se renouvelle tous les 15 ans. Effectuer une donation aujourd’hui, puis une autre dans 15 ans, permet de transmettre jusqu’à 15 934 € en franchise de droits sur cette période. Pour bien comprendre les différences entre une donation simple et une donation-partage et leurs conséquences sur le calcul des droits, consultez notre article sur la différence entre donation et donation-partage.

Agir avant 70 ans offre des leviers supplémentaires. Les donations en démembrement réalisées à cet âge permettent de valoriser la nue-propriété à moindre coût fiscal et de réduire l’assiette taxable. Notre article sur les avantages fiscaux de la donation avant 70 ans détaille ces mécanismes.

Le testament peut-il améliorer la situation des neveux et nièces ?

Sans testament, un neveu n’hérite que dans des cas très précis : absence d’enfants, de conjoint survivant et de parents en vie. La rédaction d’un acte testamentaire est souvent indispensable pour transmettre un patrimoine à ses neveux et nièces, car la loi ne les désigne pas spontanément comme héritiers prioritaires.

Mon conseil : combinez le testament et les donations régulières. Toute donation réalisée plus de 15 ans avant le décès sort du calcul de la succession et échappe aux droits. C’est le moyen le plus sûr de transmettre davantage sans fiscalité supplémentaire. Les conditions pour réaliser une donation-partage en faveur de vos héritiers sont détaillées sur Service-Public.

Édouard Lambert : Viager, indivision, donation-partage : ici on démonte le vocabulaire des études notariales et on garde ce qui change vraiment quelque chose au moment de transmettre. En savoir plus.

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